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Reverse factoring : une technique encore très élitiste ?

Encore embryonnaire il y a quelques années, l’affacturage inversé commence à se frayer une voie de reconnaissance au sein des grandes entreprises. Mais les ingrédients de la démocratisation ne sont pas encore réunis.

Le reverse factoring représente aujourd’hui environ 5% du marché de l’affacturage français. C’est peu par rapport à d’autres pays européens comme l’Espagne où il pèse environ 50% et le Portugal où il représente 30%. Mais ce taux est en progression pour cette technique apparue dans les années 80 dans l’industrie automobile et qui s’étend aujourd’hui à d’autres secteurs. Dans le cadre d’un programme de reverse factoring, le client propose à ses fournisseurs de se faire payer comptant leurs factures, moyennant un escompte. Le financement est alors assuré par un organisme bancaire ou une société d’affacturage qui règle le fournisseur par anticipation et se fait ensuite payer par le client à la date d’échéance de la facture, moyennant une commission.
 
Améliorer le BFR
Ce mécanisme présente plusieurs avantages pour le donneur d’ordres. Il lui permet tout d’abord de respecter automatiquement la loi LME, qui impose un paiement à 60 jours maximum, sans avoir à décaisser l’argent avant la date d’échéance, puisque le factor assure le financement durant l’intervalle. C’est une solution idéale pour la direction financière du donneur d’ordres, puisqu’elle permet d’améliorer le BFR tout en fluidifiant le traitement de la supply chain. De son côté, le fournisseur a également beaucoup à gagner avec ce mode de financement. Il bénéficie premièrement de l’assurance d’être réglé quelques jours après la validation de sa facture par son client. Avec la montée en puissance des nouvelles technologies, les factors ont par ailleurs fait évoluer leur offre en mettant en place de nouvelles plateformes informatiques. Entièrement dématérialisées, celles-ci permettent aux prestataires d’envoyer leurs factures à leur client, qui peut à son tour leur délivrer les bons à payer. Lorsque le fournisseur décide de faire financer une facture, le factor est alerté immédiatement et crédite le compte sous un ou deux jours ouvrés dans la plupart des cas. Ces outils “clé en main” offrent une plus grande transparence au client comme à ses fournisseurs : chacun peut visualiser les montants en temps réel.
 
Barrières à l’entrée
L’autre avantage majeur concerne le taux d’escompte, beaucoup plus faible que dans le cadre d’un contrat d’affacturage traditionnel. En effet, le fournisseur bénéficie de la qualité de la signature du donneur d’ordres. Celle-ci est en règle générale bien meilleure que la sienne, puisque les groupes contractant des solutions d'affacturage inversé disposent nécessairement d’une excellente santé financière. Et c’est bien là la limité du succès de cette technique puisqu’elle reste réservée à une clientèle triée sur le volet et disposant d’une assise financière importante. En outre, les caractéristiques comptables du produit soulèvent des problématiques relatives à la déconsolidation chez le cédant et à la requalification en dette financière chez l’acheteur. Autant de « barrières à l’entrée » qui freinent le développement de cette technique alternative de financement à court terme.
 
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