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Financer une acquisition stratégique : saisir la bonne fenêtre de tir ?

Dans un environnement de taux exceptionnellement bas et d’une profusion inédite de financements bancaires et alternatifs inédite, les valorisations des cibles flambent. Est-ce le bon timing pour réaliser une acquisition stratégique quitte à payer "trop cher" un actif convoité ? Ou vaut-il mieux attendre que la fièvre retombe et que les prix redeviennent raisonnables au risque de se heurter à des difficultés de financement et louper la bonne fenêtre de tir ?

Le marché des fusions-acquisitions nous promet une année 2017 record. 

Au premier semestre, les opérations de rapprochement impliquant une entreprise française ont représenté 128 milliards de dollars (112 milliards d’euros)… soit, déjà, les trois quarts du total de l’année 2016, selon les statistiques de Thomson Reuters.

Cette effervescence se propage sur tous les segments du marché. Il en résulte une flambée des valorisations qui s’est étendue aux PME et ETI européennes. Principal baromètre des valorisations « mid-cap » européennes, l’Indice Argos Mid-Market est encore une fois en hausse de 4.7% au 2e trimestre 2017 à 9 fois l’EBITDA.
« Globalement, les multiples restent à un niveau record du fait d’un contexte économique et financier particulièrement favorable aux opérations de fusions & acquisitions européennes : la zone Euro bénéficie d’un effet de rattrapage lié à l’amélioration récente de ses perspectives économiques et à une meilleure perception de l’environnement politique (défaite des partis populistes en France et aux Pays-Bas) », analyse le baromètre.

Les prix sont également soutenus par l’activité des fonds de capital-transmission : l’augmentation continue des fonds alloués aux LBO - dont les rendements demeurent particulièrement attractifs dans un univers de taux faibles -  alimente la concurrence entre acquéreurs et contribue à la hausse des prix des sociétés non cotées.


 

On commence toutefois à percevoir des signes de surchauffe. 

Certains actifs avec de faibles perspectives de croissance profitent de la liquidité du marché et partent à des prix soutenus. On peut ainsi légitimement se poser la question du risque de retournement sur un marché plus contraint. D’autant que les garde-fous habituels cèdent également sous la pression concurrentielle : des financements très peu contraignants avec des dettes remboursables in fine, des due diligences menées tambour battant avec un accès plus limité aux informations sensibles et des documentations juridiques allégées du fait de la concurrence exacerbée...
Au risque de découvrir de mauvaises surprises au moment de l’intégration de la cible ? Le risque est loin d’être nul, mais pas assez dissuasif pour freiner les ardeurs des acheteurs.
Pourquoi céder à cette frénésie et ne pas attendre que la flambée des prix retombe ?

Le calcul selon lequel il vaut mieux attendre le bas du cycle pour faire de bonnes affaires se révèle rarement judicieux. Car le prix n’est pas le seul critère : le coût et la capacité de financement, l’importance stratégique de l’acquisition, la disponibilité de la cible doivent peser sur la balance. Sans oublier qu’un bon actif ne se brade pas… Le tout est de s’assurer que les synergies promises par l’acquisition justifient son prix élevé.


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