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Une définition de l’abus de majorité en matière de copropriété

Une décision d’assemblée générale ne peut être annulée pour abus de majorité que s’il est établi qu’elle est contraire aux intérêts collectifs des copropriétaires ou qu’elle a été prise dans le seul but de favoriser les intérêts personnels des copropriétaires majoritaires au détriment des copropriétaires minoritaires.

Prenons l’exemple d’un copropriétaire d’un lot à usage commercial et de bureau qui a demandé sans succès d’en faire un lot à usage d’habitation. L’assemblée générale refuse. Il assigne le syndicat des copropriétaires en annulation de cette décision pour abus de majorité.

La cour d’appel annule cette décision estimant que le refus opposé par l’assemblée générale à la modification de la destination du lot est abusif. En effet, cette modification n’est ni contraire à la destination de l’immeuble principalement à usage commercial et de bureau, ni interdite par le règlement de copropriété ; elle ne porte pas non plus atteinte aux droits des autres copropriétaires.

La Cour de cassation censure cet arrêt : la cour d’appel ne pouvait annuler la décision sans relever en quoi la décision de l’assemblée générale était contraire aux intérêts collectifs des copropriétaires ou avait été prise dans le seul but de favoriser les intérêts personnels des copropriétaires majoritaires au détriment des copropriétaires minoritaires.

Cass. 3e civ. 17 décembre 2014 n° 13-25.134 (n° 1537 FS-PB)

REMARQUE La Cour de cassation donne pour la première fois une définition de l’abus de majorité en matière de copropriété. Il est constant que la théorie de l’abus de droit ou de majorité s’applique à l’assemblée générale des copropriétaires. Une décision, bien qu’intervenue dans des formes régulières et dans la limite des pouvoirs d’une assemblée, reste susceptible d’un recours en annulation lorsqu’elle lèse un ou plusieurs copropriétaires sans pour autant être conforme à l’intérêt commun. Il appartient aux copropriétaires minoritaires de rapporter la preuve de l’abus commis et d’un préjudice injustement infligé à une minorité (Cass. 3e civ. 11-5-2006 n° 05-10.924 : Bull. civ. III n °120). Les juges du fond ne peuvent en revanche substituer leur propre appréciation à celle des copropriétaires et ne peuvent se prononcer sur l’opportunité des décisions incriminées et se comporter eux-mêmes en administrateur de la copropriété. En d’autres termes, il ne leur appartient pas de se substituer à l’assemblée générale des copropriétaires pour prendre à sa place des décisions en matière de gestion d’immeuble (Cass. 3e civ. 3-6-2009 n° 08-16.189 : Administrer octobre 2009 p. 56 obs. J.-R. Bouyeure). Ils doivent, pour annuler une décision, caractériser un abus de majorité. La Cour de cassation le rappelle clairement dans cette décision qui lui donne l’occasion de définir cette notion : il est caractérisé si une décision d’assemblée générale est contraire aux intérêts collectifs des copropriétaires ou a été prise dans le seul but de favoriser les intérêts personnels des copropriétaires majoritaires au détriment des copropriétaires minoritaires.

La jurisprudence a également précisé que si un abus de majorité entraîné par un vote dont la majorité des voix allaient dans le sens de certains copropriétaires était établit alors les décisions prises étaient considérées comme allant à l’encontre de l’intérêt collectif. Cette vérification entraîne alors la nullité des décisions prises. En revanche, si deux ou plusieurs copropriétaires votent dans le même sens alors ces votes ne vont pas systématiquement à l’encontre de l’intérêt collectif.

Un abus de minorité existe également. La minorité de blocage arrive lorsque les copropriétaires minoritaires lors d’un vote s’opposent à certaines résolutions qui iraient dans le sens de l’intérêt collectif.

 

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