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La Bourse, un mythe ?

Les mécanismes de décision des marchés financiers paraissent parfois irrationnels en réagissant en dents de scie aux moindres frémissements conjoncturels. Entre le tropisme pour les Large Cap, et les effets moutonniers, les valorisations des entreprise cotées répondent à de multiples critères, pas tous d’une rigueur scientifique.

Pour comprendre les mécanismes de valorisation des entreprises cotées, il faut tout simplement se mettre dans la peau des investisseurs et maîtriser les outils dont ils disposent pour comparer les différentes valeurs et faire leur marché. Ce qui complique la donne, c’est qu’ils sont loin d’être mus par les mêmes motivations, en fonction de leurs arbitrages d’horizon temporel et de leur stratégie de diversification des risques. Bien sûr, ils disposent tous théoriquement des mêmes outils, régis par les mêmes règles de transparence.
Il y a donc des ratios financiers qu’il faut connaître sur le bout des doigts. Bénéfice par action, PER (Price-to-earnings ratio), PEG (Price-to-earnings growth), VNC, (Valeur nette comptable), ROE (Return on equity) sont autant d’anglicismes qui permettent de cerner les contours de la valorisation boursière d’une entreprise.

Sous les radars des analystes
Mais puisque l’exercice de valorisation est lié à une projection dans l’avenir et aux aléas d’un contexte économique et géopolitique, ces critères rationnels sont forcément pondérés par des facteurs plus subjectifs, liés à la perception des analystes et des investisseurs. Et c’est là où le bât blesse pour des valorisations moyennes, qui se trouvent sous les radars des analystes accaparés par les Large Cap et les stars de la cote.
 
Le déséquilibre des forces sur les Bourses européennes est flagrant : 7% des entreprises cotées représentent 80% de la capitalisation boursière totale. Et pourtant, les petites capitalisations sont de loin les plus rentables et les moins volatiles, d’après les statistiques de l'institut de recherche Middlenext et La financière de l'échiquier (LFDE) dans leur panorama 2016 des petites et moyennes valeurs. L'an dernier, en effet, les Small et Mid ont confirmé leur très nette surperformance économique et boursière. Sur trois ans, leurs performances cumulées sont respectivement de 75 % et de 55 %. Des chiffres à comparer aux 39 % de performance cumulée des Large cap. « L'évolution la plus remarquable réside dans l'inversion du niveau de volatilité : ces trois dernières années, les Large ont été la classe d'actifs la plus risquée et les Micro la moins volatile », précise l'étude. Ce phénomène s’explique notamment par la moindre exposition des petites et moyennes valeurs aux turbulences économiques mondiales, notamment aux pays émergents.
La preuve que dans une économie mondialisée, les aléas exogènes à la stratégie et la croissance des entreprises prennent une importance croissante dans leur valorisation boursière.


Pour aller plus loin :

  • S’introduire en Bourse et lever des fonds est une étape importante de la vie d’une entreprise. Francis Lefebvre Formation vous propose d’acquérir en une journée les outils pour maîtriser les conditions indispensables au succès d’une introduction en bourse et la méthodologie pour gérer de façon pratique et efficace les différentes étapes du projet. (Pour en savoir plus sur la formation « Réussir son introduction en bourse - Du projet d'IPO au premier jour de cotation »)
  • Comment raisonne la Bourse pour valoriser l’action de votre entreprise ? Quels principaux indicateurs pertinents retient-elle et pourquoi ? Quel est le bon tableau de bord de suivi boursier pour une entreprise cotée ? L’évolution du cours de bourse de ces dernières années est-il bien le reflet de la performance économique de l’entreprise ?



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