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Marchés financiers : pourquoi ils sont au cœur des attentions pendant les crises ?

Loin de n’intéresser que les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de portefeuille, les marchés financiers sont scrutés à chaque crise. Les enjeux sont majeurs pour tous les acteurs de la vie économique.

 

Les marchés financiers ont l’incertitude en horreur. Or, le propre des crises, et tout particulièrement de celle que nous traversons, est bien l’incertitude. Preuve en est avec la forte chute du CAC 40, qui a perdu environ 30% au début du mois de mars dernier, alors que le confinement se mettait en place.

 

Composer avec le risque et la volatilité

La réponse des marchés n’est toutefois pas linéaire, ni toujours rationnelle, en particulier pendant les crises. La première caractéristique qui les frappe dans ces périodes est un regain de volatilité, notamment sur les marchés actions. Les cours de Bourse traduisent les anticipations des investisseurs au sujet des résultats futurs des entreprises. L’aversion au risque est importante, et les marchés réagissent alors de manière accrue aux nouvelles, bonnes ou mauvaises.

 

Face à ce regain de volatilité, les investisseurs et les gestionnaires de portefeuille cherchent à sécuriser leur performance. L’un des moyens les plus communs de se protéger des mouvements des marchés consiste à diversifier ses investissements, en se positionnant sur plusieurs actifs. En théorie, les actions et les obligations ont ainsi un comportement décorrélé : quand l’un baisse, l’autre monte, ou du moins résiste mieux. Ce principe fonctionne aussi, dans une certaine mesure, avec les zones géographiques. Ainsi, investir sur les actions des États-Unis ou des pays émergents et de l’Europe améliore la résistance d’un portefeuille, selon ce principe de décorrélation.

 

Ce dernier a toutefois été mis à mal au cours de cette année. On parle alors d’une recorrélation des actifs. Les actifs de différente nature baissent en même temps et la performance des investissements est alors très affectée. Un problème pour les investisseurs institutionnels, notamment les banques et les assureurs. Ils sont en effet soumis à des contraintes réglementaires élevées en matière de solvabilité. La forte chute de la valeur de leurs actifs peut devoir les contraindre à augmenter leurs fonds propres ou à vendre des actifs risqués, qui plus est à des niveaux de cours peu attractifs. 

 

Des enjeux de financement

Il n’y a pas que la performance financière qui inquiète lors des crises. La dégradation des conditions de marché constitue également un problème pour les entreprises. Celles qui sont cotées se retrouvent sous pression avec la chute des cours, qui peut d’ailleurs les rendre vulnérables face à des prédateurs. Les opérations de fusions et d’acquisitions sont également plus complexes, car les mécanismes habituels permettant de valoriser une entreprise ne sont plus applicables. Le cours de Bourse, notamment, est parfois loin de refléter la valeur réelle d’une société.

Un durcissement des conditions sur le marché obligataire représente également un problème car rend l’accès à de nouvelles sources de financement plus difficile pour les entreprises. Or ce financement peut s’avérer indispensable pour surmonter la crise.

 

Face à l’ampleur de ces enjeux, les marchés ne sont toutefois pas totalement livrés à eux-mêmes. Ainsi, l’action des Banques centrales a permis d’assurer une relative stabilité du marché obligataire dans la crise. 

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