• Accueil
  • Actualités
  • Veille
  • M&A : Le passage du « scale deal » au « scope deal »
Droit des affaires

M&A : Le passage du « scale deal » au « scope deal »

Le marché des fusions-acquisitions a été marqué en 2018 par la montée en puissance des opérations d’extension de cœur de métier, ou « scope deals », qui ont détrôné les classiques transactions d’effets d’échelle, ou « scale deals ».

La disruption qui touche plusieurs secteurs se ressent également sur le marché des fusions-acquisitions. Si le moteur principal des méga-transactions a toujours été le désir de conquête de parts de marchés et la recherche de synergies, la remise en question des modèles économiques déplace le curseur vers des opérations d’extension de cœur de métier. Selon le « Rapport Annuel Mondial Bain sur les Fusions & Acquisitions » publié en décembre, les « scope deals » pour acquérir de nouvelles compétences ont accéléré de manière significative ces trois dernières années et représentent aujourd’hui 15% des acquisitions stratégiques. En témoignent les principales opérations qui ont animé le marché du M&A mondial ces derniers mois. Ainsi, dans le secteur de la santé, Amazon a racheté Pillpack, un distributeur en ligne de médicaments, Roche a absorbé Flatiron, une société informatique spécialisée dans l'oncologie et la medtech américaine Medtronic s’est offert un spécialiste israélien de la robotique Mazor Robotics. Dans le secteur de la grande consommation, on a vu le rapprochement du fabricant de sodas Dr Pepper Snapple avec le fabricant de machines de boissons Keurig Green Mountain, tandis que de son côté, Coca-Cola mettait la main sur la chaîne britannique de cafés Costa Coffee.

Transformation de modèle économique

Encore plus surprenant,  le groupe agroalimentaire américain General Mills (détenteur notamment des yaourts Yoplait) a avalé Blue Buffalo, un spécialiste des aliments "bio" pour animaux, et le confiseur américain Mars s'est, lui, offert les chaînes européennes de soins vétérinaires AniCura et Linnaeus. Ces opérations sont ainsi emblématique de la porosité croissante entre le marché stagnant de l’alimentation humaine et celui en pleine croissance de l’alimentation et des soins pour animaux domestiques. Dans un tout autre secteur, les services financiers, Axa a signé l’acquisition du spécialiste de l’assurance et réassurance bermudien XL Group pour une valorisation de 15 milliards de dollars, soit la plus importante transaction enregistrée dans l’Hexagone en 2018. Il s’agit là d’une opération de transformation radicale du modèle économique du géant français qui se positionne sur l’assurance-dommages, la santé et la protection, après avoir été longtemps tourné vers l'assurance-vie. De fait, quel que soit le secteur d’activité concerné, ces « scope deals » sont principalement motivés par une volonté de se positionner sur des marchés à forte croissance et d’acquérir des technologies innovantes pour être acteur de disruption plutôt que de la subir. Ainsi, « de nombreux dirigeants sont sortis de leur zone de confort pour effectuer des transactions portant sur l’extension de leur cœur de métier. Cette mutation reflète l’évolution naturelle des business models du XXIème siècle », conclut le rapport de Bain & Cie.
 

En savoir plus :