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M&A : la cession d’actifs comme levier de transformation

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Les entreprises françaises intègrent plus qu’avant les cessions dans la gestion de leur portefeuille d’actifs. La part des cessions opportunistes ou subies reste cependant encore importante en France comparée à d’autres pays, selon l’étude Global Corporate Divestment 2019 publiée par EY.

La cession d’actifs est souvent le parent pauvre des stratégies M&A (Mergers & Acquisitions ou Fusions-Acquisitions en français) des grands groupes français, focalisés sur l’acquisition de cibles attractives plutôt que sur un « délestement » des belles endormies de leurs portefeuilles. Agir plutôt que subir, tel est pourtant le secret d’une stratégie M&A réussie ; comme le montre l’étude Global Corporate Divestment 2019 d’EY, « les cessions planifiées ont 4 fois plus de chances d’atteindre un prix de vente correspondant aux attentes des cédants que les cessions opportunistes ». Cette étude internationale, qui a porté courant 2018 sur un échantillon de 1 030 répondants, constate une plus forte prise de conscience des entreprises françaises de cette nécessité d’anticipation. Les deux-tiers des sondées déclarent procéder à des revues de portefeuille tous les 6 mois. Il en résulte qu’un nombre croissant d’entreprises cèdent leurs actifs pour raisons stratégiques, et non plus à cause d’un revers dans leur activité.  De fait, la part d’entreprises ayant conduit ce type d’opérations pour des raisons de sous-performance chute de 13 points entre 2017 et 2018, passant de 93% à 80%. Et les trois-quarts des sociétés françaises qui s’engagent dans l’amélioration de leur organisation et de leurs processus déclarent intégrer les cessions dans leur plan de transformation. Les mutations accélérées des écosystèmes dictent des recentrages stratégiques de plus en plus rapides. « En France, 80% des entreprises répondantes considèrent que les évolutions technologiques augmenteront le rythme des cessions au cours des 12 prochains mois » poursuit le rapport d’EY. Elles n’étaient que 64% en 2018 : un écart qui en dit long sur l’importance de ce facteur dans les prochaines années.

L’attentisme ne paie pas

Cela dit, on peut aussi voir le verre à moitié vide et s’attarder sur les «  53% de cessions réalisées de façon opportuniste consécutivement à l’offre non sollicitée d’un acquéreur » pour les entreprises hexagonales, contre 46% au niveau mondial. Les groupes français sont plus attentistes qu’ailleurs, ils attendent qu’un acheteur vienne toquer à leur porte plutôt que de prendre les devants en sollicitant des acheteurs potentiels. Une mise en concurrence des fonds de private equity et des industriels de différents horizons est pourtant plus à même de maximiser la valeur de la filiale à vendre.

Si les entreprises ont désormais une meilleure stratégie d’identification des actifs à céder, elles ont en revanche plus de difficultés à planifier leur programme de cession. 63% d’entre elles reconnaissent avoir conservé trop longtemps une activité avant de la céder (contre 55% en 2018), du fait de difficultés d’identification des ressources et des compétences nécessaires à la séparation. Au-delà d’une relative lenteur du deal, ces difficultés ont également un impact majeur sur la valorisation : 45% des entreprises déclarent que leur dernière cession n’a pas atteint les objectifs de valorisation escomptés !

 

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