Compliance, audit et risques

Identifier les fraudes pour mieux les contrer

Identifier les fraudes pour mieux les contrer

Avec le déploiement de nouveaux outils digitaux, le risque de fraude s’intensifie au sein des entreprises. Paradoxalement, si ces nouveaux outils permettent d’automatiser les contrôles, ils peuvent également être source d’attaques mal intentionnées. Celles-ci peuvent provenir de l’extérieur de l’entreprise, mais également très souvent de l’interne. Retour sur les risques de fraudes qui planent sur les directions audit et compliance des entreprises.

 

Selon une étude livrée par le cabinet PwC*, le taux de fraude est fonction de la taille de l’entreprise et du nombre d’employés. Ainsi, plus la structure est importante, plus le risque de fraude est élevé. Il s’établit à 44% au sein des entreprises de plus de 10 000 salariés, contre 21% seulement au sein des entreprises de moins de 100 collaborateurs. Prudence tout de même : si au sein des petites entités les risques semblent moins élevés, les conséquences financières et de réputation d’une fraude peuvent être très importantes pour une petite structure.

 

Des fraudes, majoritairement en provenance de l’interne

Si les attaques extérieures ne doivent pas être négligées, c’est souvent de l’interne que proviennent les failles les plus dommageables pour l’activité de l’entreprise. Le cabinet KPMG a ainsi dressé le profil type du fraudeur en entreprise : la majorité des fraudeurs sont des hommes, collaborateurs de l’entreprise victime (dirigeants ou managers) âgés de 36 à 55 ans. Par ailleurs, 35% des fraudes sont réalisées par des personnes internes à l’entreprise, contre 18% seulement exclusivement réalisées par des personnes externes. Dans la majorité des cas (43%), les fraudes sont réalisées par un groupe de personnes à la fois internes et externes à l’entreprise. Dans 24% des cas, la technologie facilite la fraude, en permettant par exemple d’accéder plus facilement de l’interne aux informations confidentielles, comme les mots de passe.

 

Le rôle de la compliance et l’audit

Pour contrer les fraudeurs, les principales mesures sont à adopter en interne. Ainsi, selon l’étude de KPMG, 27% des fraudeurs seraient passés à l’acte parce qu’ils ont perçu une insuffisance liée au contrôle interne. Les directions audit et compliance sont donc en première ligne pour la prévention des fraudes. Un reporting de bonne qualité, au plus près de la réalité de l’activité de l’entreprise, un dialogue suivi entre pôles opérationnels et fonctions supports sont autant de reflexes à instaurer au sein de l’entreprise. Si les outils digitaux (cartographie des risques via l’utilisation de modules d’intelligence artificielle) peuvent accompagner le travail des auditeurs en interne, ils ne peuvent en aucun cas se substituer à une relation humaine suivie. De fait, le facteur humain semble le principal déclencheur d’une tentative de fraude. Une trop grande pression sur les résultats, des inégalités de primes et de salaires trop importantes entre collaborateurs sont souvent les moteurs de passages aux actes malveillants.

 

*PwC Economic Global Crime Survey

**KPMG, Portrait-robot du fraudeur en entreprise

 

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