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Financement de la croissance internationale pour les PME

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Pour financer la croissance internationale des PME, il existe de nombreuses sources de financement, d’assurance et de garantie auxquels les entreprises ne pensent pas toujours.

Le chiffre d’affaires à l’exportation a représenté645 Md€ pour 220 000 entreprises en 2015 (Insee Première n° 1692 22.03.2018). Les PME représentent 91 % de ces entreprises, mais seulement 17 % des exportations. Et 50 % des PME exportatrices réalisent un chiffre d’affaires à l’export inférieur à 275 000 €. Pourquoi, alors que l’international constitue une importante clé d’accélération de la croissance des PME ? Essentiellement parce que les opérations d’exportation ont des coûts d’entrée sur les marchés étrangers plus élevés, des délais de paiement plus longs et un risque client plus grand, ce qui génère des besoins de trésorerie plus importants. Il existe pourtant de nombreuses sources de financement, d’assurance et de garantie pour limiter les coûts.

L’international pour développer la croissance

En 2018, 84 % des PME déclaraient vouloir augmenter leur chiffre d’affaires grâce à l’export, pour de nombreuses raisons :

  • S’ouvrir à l’international permet de trouver de nouvelles opportunités commerciales avec l’accès à de nouveaux marchés et donc de nouveaux clients. Ce qui présente le double avantage de développer de nouveaux débouchés pour l’offre, tout en limitant la dépendance au marché français ;
  • L’ouverture à l’international permet d’acquérir de nouvelles technologies, idées ou savoir-faire et ainsi renforcer la compétitivité ;
  • les économies d’échelle et la réduction des coûts de production sont plus facilement réalisables ;
  • et les clients des PME peuvent les solliciter pour être accompagnés à l’international.
Se développer à l’international nécessite néanmoins de s’organiser :
  • une entreprise qui cherche à conquérir un marché étranger doit d’abord faire de la prospection. Son offre doit respecter les différentes normes du pays de destination (techniques, sanitaires, ...) et être éventuellement ajustée pour mieux correspondre à la demande étrangère visée. Ce qui requiert une analyse du marché pour mieux comprendre les attentes des nouveaux clients, connaître les nouveaux concurrents, anticiper l’évolution du marché et en tirer profit ;
  • un ajustement de la production peut être nécessaire, générant des dépenses, notamment d’investissement ;
  • et à l’export, la question des délais de paiement, plus longs et parfois plus risqués, est déterminante. L’entreprise va devoir faire face potentiellement à un BFR plus élevé.

Un développement international requiert donc des moyens financiers. C’est la principale raison citée par les PME comme frein à leur développement hors de France.

Se préparer à l’exportation ou financer sa prospection
  • Bpifrance Assurance prospection. 2 000 PME en bénéficient chaque année : elles peuvent financer les dépenses engagées sur les salons et foires, pour les déplacements et séjours à l’étranger, etc., à hauteur de 65 %, dont la moitié versée à l’avance. En cas d’échec, seul un tiers de la somme devra être rem boursé. En cas de réussite, il y a un moratoire, et le remboursement n’intervient qu’au bout de quatre ou cinq ans.
  • Bpifrance Prêt Croissance International. Il finance sur sept ans des investissements de 30 000 à 5 000 000 €, sans garantie. Un cofinancement bancaire de même montant est demandé pour les prêts supérieurs à 150 000 €. Les dépenses couvertes comprennent les investissements immatériels, les investissements corporels à faible valeur de gage, les opérations de croissance externe et l’augmentation du BFR générée par le projet de développement.
  • Des aides régionales peuvent également être mobilisées. Le Prêt participatif de développement International Nord et Pas-de-Calais finance ainsi le développement à l’international ou le renforcement d’activités déjà présentes à l’international des PME de l’industrie et des services à l’industrie. Ce prêt est obligatoirement accompagné d’un prêt bancaire d’au moins quatre ans et d’un montant au moins égal.
  • Des subventions. Enfin, de nombreuses collectivités proposent des subventions, soumises à appel d’offres pouvant financer des projets de développement à l’international. Les subventions PM’up de la Région Île-de-France peuvent atteindre 250 000 € sur trois ans et représenter plus de 20 % des dépenses engagées pour accélérer le développement international.
Le financement à court terme (<1 ans)

Lorsque les exportations ont commencé, des outils visant à traiter la question des délais de paiement, du financement de ces délais et de la sécurisation des paiements peuvent être mobilisés.

Parmi les moyens de préfinancement, les PME peuvent utiliser :
  • le crédit de préfinancement permettant de financer les dépenses nécessaires à la préparation des commandes (achat de matières premières, paiement des salaires, ...) entre la conclusion du marché export et l’expédition de la marchandise ;
  • l’affacturage export, qui permet de recevoir immédiatement tout ou partie du règlement de la créance et de garantir les créances export contre un éventuel impayé d’un client.

Ces outils sont couverts par une assurance-crédit publique (Bpifrance assurance export) ou privée.

Les PME peuvent également avoir recours au financement de créance de deux façons :
  • le crédit documentaire (ou « credoc ») : la banque du client de la PME lui règle un montant convenu à l’avance contre la remise de documents strictement conformes justifiant de la valeur et de l’expédition des marchandises. La transaction financière se déroule entre la banque de l’acheteur et celle de l’établissement de la PME en France ;
  • la mobilisation de créance née sur l’étranger (MCNE) : une ligne de crédit court terme permet d’assurer le financement des créances que l’entreprise détient sur ses clients étrangers. La banque peut accorder cette ligne à une entreprise ayant une activité d’exportation en fonction de la qualité de ses clients étrangers.
Le financement a moyen-long terme

Pour les opérations d’une certaine taille et s’étalant sur plusieurs années (moins de sept ans), des outils spécifiques ont été conçus :

  • le crédit acheteur (ou crédit export), consenti par une banque au client de la PME, lui permet de régler au comptant les biens d’équipement et/ou les services que la PME lui aura fournis. Souvent utilisé en France pour financer les exportations de biens d’équipement, il sécurise le paiement des factures de l’acheteur;
  • le crédit fournisseur permet de financer les créances à long terme lorsque la PME vend des marchandises ou des prestations à un acheteur dans un autre pays. Ces créances peuvent ensuite être rachetées par une banque.

Ces outils sont couverts par une assurance-crédit publique (Bpifrance assurance export) ou privée.

La garantie des opérations à l’export

En complément des financements, de nombreuses garanties existent pour couvrir l’activité d’exportation contre des risques commerciaux, de change ou encore un risque-pays :

  • Bpifrance propose une garantie de trois à sept ans sur le risque économique d’échec d’une implantation hors UE, Norvège, Islande, Liechtenstein et Suisse. Cette garantie est accordée aux PME de plus de trois ans, détenues en majorité par des entreprises de l’UE, qui créent une filiale à l’étranger ou achètent une participation majoritaire dans une entreprise étrangère. Les apports en fonds propres ou quasifonds propres faits à la filiale sont garantis à hauteur de 50 % de la perte constatée, jusqu’à 1,5 M€ ;
  • face à une défaillance éventuelle d’un client international, les PME peuvent souscrire une assurance-crédit (risque de fabrication, risque de crédit) auprès de leur banque, de BPI Assurance Export ou d’un assureur privé ;
  • si les échanges commerciaux sont réalisés hors de la zone euro ou que les paiements ne sont pas réalisés en euro, les PME peuvent se prémunir des variations des devises en souscrivant une ligne de change auprès de leur banque ou de BPI Assurance Export ;
  • concernant le risque-pays, BPI Assurance Export et les assureurs privés proposent des garanties pour sécuriser les investissements à l’étranger des PME en cas d’événements politiques, militaires et économiques liés à un pays ou à une zone économique, et non directement à la situation des entreprises clientes ;
  • et la garantie contre l’interruption du marché auprès d’un assureur privé ou public permet aux PME qui vendent des biens d’équipements de se prémunir du risque d’interruption de leur contrat pour raison inattendue sans possibilité de revendre les biens produits.

Les aides, financements et garanties sont donc multiples pour financer le développement international. Seule contrainte pour les PME : avoir un projet cohérent et préparé.

 

Rédigé par Mme Alice Roux, Gérante de la société Comco Consulting, Conseil en stratégie, Fusions & Acquisitions et Introduction en Bourse

Extrait de la lettre mensuelle Alertes & Conseils Gestion Finance, n° 10/2019 de novembre 2019, éditée par les Editions Francis Lefebvre

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