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Épargner pour sa retraite : mode d’emploi - l'interview de Soizic Legaigneur

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Entre inquiétude liée à l’évolution des marchés financiers et incertitude politique quant à la durée du travail, difficile d’y voir clair sur la façon la plus sûre de constituer une épargne solide pour sa fin de carrière. Point de situation et conseils pour préparer efficacement sa retraite avec Soizic Legaigneur, conseillère en gestion de patrimoine chez Allianz France.  

En tant qu’observatrice privilégiée, qu’observez-vous quant à la façon dont vos clients préparent leur retraite ?

La retraite est une préoccupation qui arrive de plus en plus tôt dans l’esprit des gens, notamment car des interrogations perdurent concernant le futur du système. Les jeunes entrent également plus tardivement dans la vie active et ne souhaitent pas que cela ait d’impact sur leur durée de travail. Ils essaient ainsi de constituer une retraite individuelle dès que possible. 

La façon dont nos clients préparent leur retraite est indéniablement liée à leur âge et leur catégorie socio-professionnelle, dont dépend leur capacité d’épargne. Le facteur « miroir familial » est également à prendre en compte : les jeunes sensibilisés par leurs parents à l’importance de mettre de l’argent de côté pour leur retraite auront tendance à reproduire ce schéma. Le premier investissement reste généralement l’achat de sa résidence principale, projet qui se dessine souvent autour de la trentaine.

L’assurance-vie et le livret A sont des placements largement plébiscités par les Français pour leur épargne. Ces derniers sont-ils des solutions efficaces pour la retraite ?

Une personne qui met de l’argent de côté sur son livret A a tendance à piocher sur ce support, pour un achat « plaisir » ou faire face à un imprévu par exemple. C’est donc un capital qui risque de ne jamais servir pour la retraite. Pour moi, le livret A est un placement de trésorerie à réserver aux dépenses ponctuelles.

L’assurance-vie, a contrario, est une bonne solution pour ceux qui n’ont pas les moyens d’investir dans l’immobilier. Il s’agit d’un support qui rapporte plus que le livret A, dont la fiscalité est très avantageuse, et qui n’est pas compris dans les droits de succession. Il n’y a également pas de limite de montant. L’assurance-vie est donc un moyen privilégié pour construire sa retraite.

Quelles sont vos recommandations pour préparer au mieux sa retraite ? 

De nombreuses solutions sont envisageables, en fonction de ses ressources, motivations et préoccupations. Une personne qui souhaite préparer sa retraite, mais qui est également intéressée par la défiscalisation peut, par exemple, se tourner vers de l’investissement immobilier. Cela lui permettra à la fois de bénéficier d’une réduction d’impôts, et de disposer, à la fin du crédit, de revenus complémentaires ou d’un capital avec la vente du bien.

Ceux qui n’ont pas cette possibilité d’endettement peuvent se tourner vers des supports financiers, avec le plan d’épargne retraite (PER) individuel notamment, instauré par la loi PACTE en 2019. Les versements réalisés sur le PER sont déductibles des revenus du foyer, ce qui permet donc de réduire ses impôts. L’inconvénient étant que cet argent ne peut pas être mobilisé avant la retraite – sauf en cas d’achat d’une résidence principale. 

L’achat d’un bien immobilier en nue-propriété est également une autre possibilité à considérer, peu connue. Le principe : acheter un bien dont la valeur est sous-cotée, pour lequel aucun loyer n’est perçu durant le démembrement (entre 15 et 18 ans). Pour les personnes dont les ressources sont peu élevées, cette solution peut être intéressante afin d’investir à moindre coût dans l’immobilier.

Comment organiser cette stratégie de prévision ?

En mettant de l’argent de côté dès l’entrée dans la vie active ! Mettre en place le PER est une première étape intéressante :  il suffit d’y faire un versement de 50 euros minimum tous les mois. Puis, dès que possible, essayer d’acheter sa résidence principale, l’immobilier étant une valeur sûre.

Quelques années plus tard, les Français souhaitant en général constituer un capital pour leurs enfants, il peut être envisagé d’ouvrir une assurance-vie à leur nom. Une fois la capacité d’épargne récupérée, il faut penser de nouveau à investir, dans l’immobilier ou vers de nouveaux supports financiers.

Dans un contexte d’inflation et d’incertitude concernant l’évolution du système des retraites, quels sont pour vous les bons réflexes à adopter ? 

Du point de vue de la trésorerie, je conseille de ne jamais descendre en dessous de l’équivalent de six à huit mois de salaires, disponible en cas de besoin. Le reste doit en revanche être placé, afin de rentabiliser son épargne. Le plus important est de diversifier son patrimoine, en investissant dans l’immobilier et dans le financier. Dans le financier, ne pas hésiter à varier les supports choisis, en diversifiant les actions (secteurs et zones géographiques). Investir un peu tous les mois permet d’acheter des actions qui ne valent pas le même montant, et donc, de lisser l’investissement.

Autre possibilité pour ceux qui ne souhaitent pas investir tous les mois mais placer une somme d’argent : dynamiser progressivement le capital (entre 6 et 12 mois). Cela permet d’acheter des unités de comptes tous les mois sur la durée de la dynamisation. Ces deux méthodes permettent de réduire le risque et d’anticiper la volatilité actuelle des marchés financiers.