• Accueil
  • Actualités
  • Veille
  • Entreprises en difficulté, les défaillances reprennent après une accalmie de deux ans
Gestion-finance

Entreprises en difficulté, les défaillances reprennent après une accalmie de deux ans

Le dernier trimestre 2018 a connu une hausse de la sinistralité de 4%, avec l’accélération des difficultés des entreprises de plus de 100 salariés, particulièrement endettées.

L’année 2018 s’est achevée dans un contexte social tendu et économique incertain. Si les tendances semblent bonnes sur l’année avec uns stabilisation du nombre de défaillances, elles ont progressivement viré au rouge au fil des mois. Sur le dernier trimestre, dans la plupart des secteurs, les défaillances sont reparties à la hausse (+4,2%), selon les dernières statistiques publiées par l’Etude Altares sur les défaillances d'entreprises au 4e trimestre 2018. Sur l’ensemble de l’année, 54 600 procédures collectives ont été prononcées, soit à peine 1% de moins qu’en 2017. Cette stabilité du nombre de défaillances d’entreprises masque en réalité une forte augmentation de la sinistralité des grandes PME. En effet, tombées à 122 en 2017, un nombre au plus bas depuis 2007, les défaillances de sociétés de plus de 100 salariés repartent à la hausse et bondissent de 11,5% en 2018 dont plus de 24% sur le seul dernier trimestre. Ces sociétés anciennes, créées en moyenne il y a plus de 25 ans, portent à elles seules près de 20% des 171 000 emplois menacés sur 2018.

Un niveau de dette alarmant

Après deux ans d’embellie générale qui ont vu enfin le nombre de défaillances retrouver leur niveau d’avant la crise des subprimes, les difficultés de ces derniers mois et l’essoufflement de la croissance partout en Europe laissent présager un reflux durable de cette dynamique.  Ainsi, les économistes de l'assureur-crédit Coface prévoient un ralentissement de la croissance du PIB en 2019 à 1,5 %, ce qui ferait grimper légèrement le nombre d'entreprises en difficulté. Les économistes d'Euler Hermes, le concurrent de Coface, s'attendent aussi à une hausse des défaillances, de l'ordre de 2 % l'an prochain. “Dans ces conditions, les business vont se tendre, les trésoreries se resserrer et les conditions de paiement se durcir. De plus, le risque commercial peut d’autant s’intensifier que le niveau de dettes des entreprises françaises est élevé et, contrairement à ses proches voisins européens, n’a cessé d’augmenter depuis le début de la crise pour représenter à l’automne dernier 73,3% du PIB contre 62,1% en zone euro. Cette situation rend nos entreprises d’autant plus vulnérables à la remontée des taux d’intérêt que, selon la Banque de France, 44 % de leur encours d’endettement est à taux variable ” commente Thierry Million, Directeur des études de la société Altares, en marge de l’étude. En effet, les économistes d'Euler Hermes estiment que les frais financiers des entreprises augmenteront de 14 milliards d'euros par an en cas de remontée des taux de 50 points de base. Or, cette remontée des taux est attendue par les marchés financiers dans le courant de la seconde moitié de 2019, ce qui risque d’étrangler des entreprises déjà fragilisées par une conjoncture moins favorable.

 

En savoir plus :

  • associations_nouveau_reglement_de_l_anc_2022_04
    Gestion-finance

    L’ANC (Autorité des Normes Comptables) a adopté le 30 juin 2022 le règlement n°2022-04 en modification des dispositions relatives au secteur non lucratif du règlement n°2018-06. Ce nouveau règlement est cours d’homologation. Le règlement n°2022-04 intègre de nouvelles dispositions à la suite des...

  • ERPD
    Gestion-finance

    Depuis décembre 2018, l’instruction M22 est désormais la norme comptable de droit commun pour tous les établissements et services médico-sociaux (ESMS), quels que soient leur activité, leur financement (par tarification ou non) et leur gestionnaire. L’état des prévisions de recettes et de dépenses...