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Défaillances d’entreprise : une hausse inéluctable en 2020

gouv

Les projections de l’assureur-crédit Euler Hermes font état d’une augmentation de 8% des défaillances d’entreprises françaises en 2020. Les mesures d’aide déployées par le gouvernement vont irriguer en priorité les entreprises en bonne santé avant la crise du Coronavirus, qu’en est-il de celles déjà fragilisées avant ou faisant l’objet d’une procédure préventive en cours ?

Après quatre années de baisse continue des défaillances en France, la crise sanitaire Covid-19 vient sonner le glas de cette longue accalmie. Selon l’assureur-crédit Euler Hermes, les défaillances d’entreprises augmenteront de +8% en France en 2020. De son côté, la Coface prédit la plus forte hausse de défaillances d’entreprises depuis 2009 : +25% prévu en 2020 au niveau mondial. Cette tendance toucherait à la fois les États-Unis (+39%) et toutes les principales économies d’Europe de l’Ouest (+18%) : Allemagne (+11%), France (+15%), Royaume-Uni (+33%), Italie (+18%) et Espagne (+22%). Si la hausse des défaillances en France en 2020 s’inscrit dans la tendance mondiale, le terreau des difficultés préexistait à la crise actuelle, d’après l’analyse d’Euler Hermes fin mars 2020. « La trésorerie des entreprises françaises était déjà fragilisée avant l’épidémie de Covid-19. Les mesures étatiques devraient permettre d’éviter une crise de liquidités à court terme, mais les remboursements à venir seront difficiles à supporter pour certaines entreprises françaises du fait de leurs fragilités préalables. Nous anticipons ainsi une forte remontée des défaillances dès cette année en France », explique Eric Lenoir, Président du Comité Exécutif d’Euler Hermes France.

Les professionnels du retournement mobilisés

Or, les mesures d’aide déployées par le gouvernement vont irriguer en priorité les entreprises en bonne santé avant la crise du Coronavirus. Les banques ont ainsi précisé dans un premier temps qu'elles concentraient le traitement prioritaire des dossiers aux entreprises jugées les plus solvables. Il s'agit des entreprises notées jusqu'à «5+» par la Banque de France, autrement dit celles dont la solvabilité va de «assez faible» à «excellente». Pour les autres, les établissements de crédit, chargés de déployer les quelque 300 milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat, se livreront à un examen « au cas par cas », celui-ci pouvant conduire « à des décisions négatives ». Face aux inquiétudes manifestées par les professionnels du retournement d’entreprises extrêmement mobilisés depuis le confinement, le gouvernement a toutefois précisé que les entreprises en plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire n’étaient pas exclues de ces dispositifs. Dans ce climat d’incertitude, plusieurs associations de prévention des difficultés et de retournement d’entreprises ont lancé le 6 avril 2020 un site web « SOS Entreprise Coronavirus » afin de « regrouper et ordonner une information foisonnante et opaque ». La bascule vers le numérique du fonctionnement des administrateurs judiciaires et des tribunaux de commerce facilite également la prise en charge de dossiers d’ouverture de procédures amiables et collectives.  Le tribunal de commerce de Paris a ainsi annoncé début avril 2020 l’ouverture de 41 procédures amiables (18 mandats ad hoc et 23 conciliations) représentant un chiffre d’affaires consolidé de plus de 2 milliards d’euros et employant 12 000 salariés, ainsi que l’examen de 34 déclarations de cessation des paiements et 10 requêtes en conversion de redressement judiciaire en liquidation judiciaire.

 

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