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  • COVID-19 : « Cette crise devrait accélérer le basculement de l’économie vers le non coté » - Entretien avec Patrick Artus
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COVID-19 : « Cette crise devrait accélérer le basculement de l’économie vers le non coté » - Entretien avec Patrick Artus

La crise sanitaire engendrée par le nouveau coronavirus a bousculé les marchés. Patrick Artus, économiste et directeur de la recherche et des études de Natixis fait le point sur l’impact de cette crise sur les placements.

 

Quels sont les placements qui ont été les plus impactés par la pandémie de Covid-19 ?

Même si cela a tendance à se corriger, les placements les plus touchés par la situation de crise sont les actions cotées, les dettes d’entreprise, et les actifs des pays émergents, aussi bien les actions que les obligations.

Aujourd’hui, nous avons passé le point mort ; une amélioration des marchés est en cours, même si elle reste un peu timide pour ce qui concerne les pays émergents.

 

Pourra-t-on revenir au niveau d’avant Covid-19 ?

La chute a été très conséquente : le CAC40 évolue toujours 30% en dessous de son niveau d’avant Covid-19.

 

Je ne suis pas sûr que l’on puisse retrouver la même valorisation des actions et les mêmes conditions de crédit qu’avant. Comme l’ont prouvé les précédentes crises, après de tels épisodes, le sentiment général est celui de l’aversion au risque. À chaque crise, la prime de risque – le surcroît de rendement attendu par les investisseurs pour compenser le risque – monte d’un cran. Avant 2000, elle était de 1,5% pour les actions ; elle atteint 3% après 2000 et 5% en moyenne dans les années qui ont suivi la crise de 2008. Aujourd’hui, elle est de 8%, même si elle devrait se fixer autour de 6,5% - 7%. La valorisation des actions va en être impactée. Le PER, le ratio cours sur bénéfices, des actions européennes, qui était de 17 avant la crise, risque de retomber à 14. En clair, le marché actions européenne pourrait se stabiliser autour de 15% en dessous de son niveau d’avant-crise.

 

Pour les épargnants, quelles sont vos recommandations ?

Lorsque l’on parle de placement, il faut prendre en compte une approche tactique et une autre plus stratégique.

 

D’un point de vue tactique, force est de constater que les anomalies de valorisation sont nombreuses. Ma recommandation est d’en profiter, en particulier sur certains secteurs du marché européen. Je pense par exemple aux banques, qui sont complètement massacrées en bourse, alors qu’elles ne vont pas si mal, et devraient continuer à plutôt bien se porter. A court terme, il y a de très belles opportunités d’investissement.

 

D’un point de vue plus stratégique et à plus long terme, l’intérêt pour le non coté va accélérer. Les investisseurs professionnels et institutionnels vont le privilégier. Cela concerne notamment l’immobilier résidentiel – le commercial risque de beaucoup souffrir de la crise –, et les infrastructures. Le private equity devrait aussi en profiter. Mon conseil serait donc d’augmenter la part de non coté en portefeuille.

 

Pourquoi un tel intérêt pour le non côté ?

Ce mouvement ne date pas d’hier : on l’observe depuis une vingtaine d’années. Pourquoi ? Parce que l’on s’aperçoit que les entreprises détenues par des fonds de private equity sont en général bien gérées et que ce sont des investissements bien moins volatiles. Les mouvements de cours des actions cotées sont parfois totalement inexplicables et ne correspondent pas à la situation des entreprises. Cette crise devrait donc accélérer le basculement de l’économie vers le non coté.


Existe-t-il des placements moins risqués sur lesquels miser ?

 

Encore une fois, le non coté ! Le grand intérêt est qu’il est moins risqué, sans abandonner un rendement élevé. Un fonds de private equity va avoir une évaluation plus sereine et plus pertinente de la valeur des entreprises.

 

Dans le non coté, les infrastructures rapportent entre 3 et 5% ; le private equity, beaucoup plus. Certes ce genre d’investissements est moins liquide, la durée moyenne d’investissement en private equity étant de cinq ans. Mais beaucoup d’investisseurs privilégient une certaine illiquidité au risque.

 

Côté sécurité, on peut bien sûr s’intéresser aux fonds en euros de l’assurance-vie. Ces placements sont peu risqués parce qu’ils reposent sur de la dette publique de grands États. Mais leur rendement est très bas, et devrait le rester.

 

Dans le contexte de la crise du Covid-19, y a-t-il un risque de faillite des États et/ou des banques ?

Pas du tout. Contrairement à ce que l’on entend dans les médias, il n’y a pas « trop d’endettement » public. Toute la dette émise cette année va être achetée par les banques centrales, et ne sera pas mise sur les marchés obligataires.

 

Quand l’État français finance le chômage partiel en émettant de la dette, celle-ci est rachetée par la Banque de France qui opère pour le compte de la BCE. Et la Banque de France rend à l’État français les intérêts payés – ce qui rend cette dette « gratuite ». Ensuite, cette dette – si la Banque de France ne la revend pas – n’est jamais remboursée. De facto, elle est annulée. Le risque d’augmentation du taux d’endettement public est donc limité.

 

Par ailleurs, ces nouvelles dettes étant rachetées in fine par la BCE, les conséquences sur le marché obligataire seront minimes.

 

Qu’en est-il des banques ?

Pour les banques, la question est : dans quelle mesure les politiques publiques mises en œuvre (crédits à taux garantis, subventions, aides, baisses d’impôt) vont-elles empêcher la hausse des faillites, aussi bien des ménages que des entreprises ?

 

En Europe nous sommes relativement confiants. En France, la croissance du PIB, que l’on attendait à 1 % devrait finalement être de -8% ; le déficit public qui devait être de 2% sera finalement de 9% du PIB. La quasi-totalité de la perte de revenus des ménages sera compensée par l’État grâce à de la création monétaire – de quoi limiter les défauts sur les crédits des particuliers.

 

Par ailleurs les banques se financent autant qu’elles le veulent avec les prêts négatifs auprès de la BCE ; et les activités de marché sont à peu près normales. Donc je ne suis pas inquiet pour les banques de la zone euro. Ce n’est pas une bonne année, mais les banques ne sont pas en danger.

 

Le vrai sujet, c’est la dette d’entreprise. Aujourd’hui, le plus grand recours contre le risque de faillite est le recours au prêt garanti par l’État. Chez BPCE, nous avons déjà 30 milliards d’euros de demande de prêts de ce genre. Là encore, cette solution devrait permettre de limiter le nombre de faillites.

 

Reste un problème, d’ordre macroéconomique : les entreprises vont être plus endettées, elles vont donc moins investir.

 

Quel sera l’impact de toute cette création monétaire ?

La question n’est pas tant l’inflation, mais plutôt l’instabilité financière que cela engendre. Avec tous les capitaux qui vont circuler, on peut imaginer une énorme volatilité des taux de change. Le coût de cette politique n’est pas la dette, pas l’inflation, mais l’excès de monnaie.

 

La tendance est aujourd’hui à l’épargne. Avec des taux d’intérêts à long terme qui vont rester bas, les épargnants vont probablement investir dans l’immobilier. Avec à l’horizon une possible bulle sur l’immobilier résidentiel.

 

Et l'impact sur les contrats d'assurance-vie en euros ?

Les assurances-vie ont compris qu’après la crise il faudrait réduire le poids des obligations et privilégier le non coté. Ils ont les fonds propres pour cela.

 

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