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Banque-assurance

Comment faire évoluer son assurance-vie ? - Entretien avec Philippe Crevel

L’assurance-vie a beaucoup évolué au cours des dernières années. Placement historiquement parmi les plus rentables, le rendement du fonds euro est toutefois aujourd’hui à son plus bas niveau. Entre prise de risque minimale et rendement, comment trancher ? Éléments de réponse de Philippe Crevel, économiste, directeur du Cercle de l'Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

 

Quel a été l'impact de la crise économique sur l'épargne des Français ?

La crise sanitaire a provoqué une augmentation sans précédent de l’épargne. Les chiffres avancés par l’INSEE confirment que le taux d'épargne financière des ménages est passé de 4,6% du revenu disponible en 2019 à 12,1% en 2020.

 

Plus de de 200 milliards d’euros ont été épargnés en 2020, dont une centaine est à mettre directement sur le compte de la crise sanitaire. Les Français ont épargné par impossibilité de consommer comme ils l’entendaient avec les confinements, les couvre-feux ou les fermetures des bars, des restaurants et des lieux de loisirs. Ils ont également épargné par peur en raison des incertitudes que l’épidémie fait peser sur leur vie quotidienne.   L’ampleur de la crise a encouragé les épargnants à conserver une grande partie de leur argent en liquide et en produits sûrs pour faire face à toute évent

 

Quel est le niveau de collecte et de décollecte sur l'assurance-vie, et observez-vous une évolution avec la crise sanitaire ?

L’assurance-vie, produit d’épargne de moyen et long terme, a été évidemment touchée par la crise. La décollecte a atteint près de 2 milliards d’euros par mois, de mars à mai. C’est la plus importante jamais enregistrée pour ce produit. La situation s’est ensuite normalisée au fil des mois, avec un retour de la collecte positive en décembre 2020, confirmé en janvier 2021. Les épargnants, après un mouvement de stupeur, retrouvent des chemins classiques en matière d’épargne et ont amorcé une réorientation de leur épargne liquide vers des placements longs.

 

Nous avons également constaté un autre phénomène en 2020 : les épargnants ont maintenu leur intérêt pour les unités de compte des contrats d’assurance-vie investies en partie sur les marchés « actions » et « immobilier » Leur proportion s’est maintenue à 34% sur l’ensemble de l’année, contrairement à ce que l’on avait constaté lors des crises précédentes, où le taux s’était effondré à 7-8%. Aucun mouvement de panique n’a été constatée. La décollecte n’a été occasionnée que par une baisse passagère des cotisations brutes.

 

Avec des taux aussi bas, est-il toujours intéressant de miser sur l'assurance-vie en euros ?

Le taux de rendement de l’assurance-vie en euros a beaucoup baissé ces vingt dernières années : nous sommes passés de 4,1% en 2007 à 1,3% en 2020. Mais il reste toujours plus intéressant que ceux du livret A (0,5%) ou des livrets bancaires (0,11 % en janvier 2021). L’atout maître des fonds euros est la garantie en capital. Or dans un monde incertain, la sécurité a un prix – celui d’un rendement plus faible surtout que nous évoluons en taux historiquement bas. Pour les ménages qui veulent sécuriser des sommes importantes, c’est un peu la voie de passage obligée.

 

Comment faire évoluer la composition de son assurance-vie pour améliorer son rendement ?

À ce sujet, tout dépend de l’appétence de chacun. Il n’existe pas de règle unique. La réponse doit s’adapter au profil de chaque épargnant et son appétence pour le risque.

La gestion des unités de compte se fait selon des règles de gestion financière assez traditionnelles : l’important est de savoir diversifier ses placements. À la fois en termes géographiques – entre l’Asie, l’Europe et les États-Unis –, mais aussi de secteurs d’activités.

 

Si ces dernières années, les nouvelles technologies ont fortement augmenté, elles sont peut-être arrivées à un maximum aujourd’hui, et ce n’est pas forcément les valeurs à privilégier actuellement. En revanche, les secteurs liés à la transition énergétique, l’agro-alimentaire, la santé peuvent être des vecteurs de croissance importants dans les prochains mois et années.

 

Quant aux SCPI – sur lesquelles certains avaient beaucoup misé – il va falloir être plus attentif à leur composition qu’auparavant, du fait de l’évolution incertaine du marché de l’immobilier à court et moyen termes. Dans les prochaines années, il faudra bien sélectionner ses SCPI en fonction de la nature de l’activité et de la localisation des biens qui la composent. À titre d’exemple, les entrepôts liés au e-commerce sont en plein essor et on peut imaginer que cela va perdurer, alors que le commerce en centre-ville est un peu plus en difficulté, tout comme certains centres commerciaux qui sont parfois surdimensionnés ou obsolètes et qui peuvent nécessiter des investissements importants. En ce qui concerne les bureaux, la demande restera vive pour ceux qui répondent aux dernières normes environnementales. Il est possible que les entreprises optent pour des unités plus petites qu’auparavant avec le développement du télétravail et une appétence accrue des Français pour les villes à taille humaine.

 

De manière générale, je conseillerais de faire attention à ce qui « brille trop », à l’image des cryptomonnaies ou des diamants, et peut-être rester sur des valeurs plus sûres, même si le rendement est plus faible en instantané.